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Bonne gouvernance en Afrique : quelle place pour la Guinée?

le 17/02/2017 à 17h09

Dans son ouvrage intitulé "bonne gouvernance et problématique de la dette en Afrique: le cas de la Guinée", l'auteur Badara Dioubaté s'est focalisé sur les enjeux internationaux, africains et guinéens. En s'appropriant du concept de bonne gouvernance tel que défini par les institutions de Brettons-Wood (Banque mondial, Fond monétaire international).

Se référant de la définition de la Banque mondiale, il dit que la bonne gouvernance, c'est la manière par laquelle le pouvoir est exercé dans la gestion des ressources économiques et sociales d'un pays au service du développement. Il ajoute que la gouvernance est conçue essentiellement comme la somme de trois composantes. La première, c'est le processus par lequel les gouvernements sont sélectionnés, tenus redevables, surveillés et remplacés. La deuxième, ce sont les capacités des gouvernements à gérer les ressources et à fournir les services efficacement ainsi qu'à formuler et mettre en œuvre de bonnes pratiques et réglementations. la troisième, c'est le respect des institutions qui gouvernent les interactions économiques et sociales.

Ces composantes sont divisées en six sous-composantes pouvant être mesurées, analysées et détaillées. Ce sont, la voix et rédévabilité démocratique, l'instabilité politique et violence, le poids des législations, l'efficacité des gouvernements, la corruption et l'Etat de droit.

Ces composantes constituent aujourd'hui le socle ou encore l'indice global de la gouvernance au niveau de la BM. Tous les pays en développement sont à ce jour "obligés" de passer le test de la gouvernance à travers une évaluation des six composantes. Cette évaluation permet de noter un pays en attribuant une qualité à sa gouvernance. Les estimateurs de ces différentes composantes de gouvernance varient selon une échelle allant de -2,5(0%) à +2,5(0%). Une valeur élevée signifie une gouvernance de bonne qualité pour le pays. Ce système de notation utilise ce qu'on appelle la méthode des "feux tricolores" pour classer les pays selon la qualité de leur gouvernance: feu rouge (crise de gouvernance), feu orange (gouvernance vulnérable), feu vert (bonne gouvernance).

Quelle est la place de la Guinée dans ce processus de bonne gouvernance? Dans cet ouvrage, écrit au lendemain de la prise du pouvoir par la junte militaire, l'auteur a fait la revue historique de la gestion macroéconomique du pays. Et comme tout bon guinéen, à l'époque, M.Dioubaté était emmitouflé par une certaine lueur d'espoir.

Cependant, il rappelle que la Guinée a sombré pendant plusieurs décennies dans la galère totale. Du premier régime à la deuxième république, la situation était plutôt chaotique. "Jusqu'en 2000, l'économie de la Guinée était "sous perfusion", à travers le programme d'ajustement structurel intensif, dit-il.

Mais depuis, beaucoup d'eau ont coulé sous le pont. Les résultats du programme d'ajustement structurel furent un échec en Afrique. Ceci n'est pourtant pas une excuse pour les pays qui ont connu le problème de gouvernance comme le notre.

M.Badara Dioubaté lie en partie le problème de gouvernance à la corruption. Il rappelle que, c'est officiellement en 1996 que la corruption est entrée dans l'agenda des Institutions financières internationales (IFI) comme une phénomène comparable à un cancer qui gangrène les circuits financiers de développement. En 2002, les chercheurs de l'institut de la Banque pour la gouvernance ont en effet évalué le coût mondial de la corruption (pot-de-vin) à un trillion de dollars (soit mille milliards de dollars).

Après avoir défini la corruption comme un "abus de position publique à des fins d'enrichissement personnel", il indique, "en Guinée, la corruption semble systémique, c'est-à-dire, un mélange généralisé de "petite" et de "grande" corruption.

En d'autres termes, les voleurs à col blanc, se servent de leur position pour piller l'économie du pays. Les détournements des deniers publics sont devenus monnaie courante et aucune disposition n'est prise pour arrêter la gabegie financière.

La délinquance et la criminalité économique et financière se fait au vu et au su de tout le monde, sans que les présumés coupables ne soient inquiétés. Ils utilisent la technique de blanchiment d'argent qui consiste à l'égaliser l'argent sale. Il s'agit, dénonce-t-il dans son ouvrage, "principalement du trafic de drogue, du trafic d'armes, du trafic d'êtres humains, du trafic de biens contrefaits, du trafic de faux billets de banque, de la corruption et de toute autre forme d'acquisition frauduleuse et criminelle de capitaux."

Il conclut en disant qu'"il existe en Guinée, comme ailleurs dans le monde, un marché de la corruption (politique, administrative et privée) caractérisée par une offre de corruption, une demande de corruption et un prix à la corruption qui est le pot-de-vin ou dessous de table."  

Sidafa Keita pour kibanyiguinee.info

 

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